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Trener Życia

Chapitre 4. La fable de l’oiseau des falaises

Une fable où personne n’a rien fait de mal et qui finit quand même mal. Une enfant de sept ans l’a désamorcée en une phrase.

Cały rozdział do czytania

Partie I. La fable

Un soir, j’ai dit à ma fille :

— Ma puce, je vais te lire une fable.

Et j’ai commencé.

Sur une falaise au-dessus de la mer, dans une fissure où aucun prédateur n’arrivait, vivait une mère oiseau des falaises. Elle avait trois petits : Flèche, Rafale et Duvet.

Flèche et Rafale étaient rapides. Les premiers à sortir la tête de sous l’aile de leur mère, les premiers à manger leur part, les premiers à se battre avec le vent qui entrait dans le nid à l’aube. Un matin, Flèche a déployé ses ailes, il a regardé en bas et il a sauté. Il est tombé un instant. Puis il a attrapé une bourrasque et il s’est envolé.

Le lendemain, Rafale s’est envolé.

Il restait Duvet.

Duvet s’est approché du bord, il a regardé en bas et il a reculé. Il fait froid, il a dit. Ça souffle, il a dit. J’ai peur, il a dit. Je ne veux pas.

Sa mère l’a regardé et son cœur s’est serré. Parce que c’était une mère aimante. Flèche ! Rafale ! elle a appelé. Revenez. Votre frère a besoin d’aide.

Et les frères sont revenus.

Ils ont apporté des bâtons et ils ont construit un auvent au-dessus du nid, pour que Duvet ne prenne pas la pluie. Ils ont apporté de la mousse et ils ont garni le fond, pour que Duvet soit au doux. Ils ont apporté des plumes et ils ont bouché la fente du côté ouest, pour que Duvet ne prenne pas le vent. Et quand il s’est avéré qu’à l’aube le froid entrait quand même, ils ont construit une deuxième paroi, du côté nord cette fois.

Leur mère partait chercher à manger et rapportait à Duvet les meilleurs morceaux. Flèche restait près de lui le soir et lui racontait à quoi ressemble la mer vue d’en haut. Rafale vérifiait chaque matin que l’auvent tenait.

Et Duvet avait le plus beau nid de toute la falaise. Le plus chaud, le plus abrité, avec un auvent, avec des parois et avec le ventre toujours plein. Personne sur toute la côte n’avait un nid pareil.

Et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps.

Partie II. Et ça ne s’est pas passé comme ça

Et quand j’ai fini de lire, ma fille a dit une phrase que personne ne lui avait soufflée.

— Et ça ne s’est pas passé comme ça.

Sept ans, les dents de devant en moins.

— Et pourquoi ça ne s’est pas passé comme ça ?

— Parce que j’ai vu les oiseaux faire autrement. Parce qu’ils sont malins.

Pas dans un livre. En regardant. Elle les avait vraiment vus : en promenade, derrière la fenêtre, partout où les oiseaux apprennent à voler à leurs petits.

Alors j’ai posé encore une question.

— Et si moi je ne t’apprenais rien et que je te donnais le départ que Duvet a eu, tu t’en sortirais comment dans la vie ?

— Le plus mal possible.

Zéro seconde de réflexion.

Le plus mal possible.

Et maintenant regarde bien qui est le héros de cette scène, parce que ce n’est pas moi.

Moi, j’ai lu une fable et j’ai posé une question. Tout le travail, c’est une gamine de sept ans qui l’a fait : elle a vu toute seule que la version au sucre glace mentait, et elle savait toute seule pourquoi. Le piège que je décris pendant tout ce chapitre, on le lui a servi comme une offre : le plus beau nid, un auvent, quelqu’un qui fera toujours tout à ta place.

L’enfant l’a refusée en une seconde.

Je n’ai rien eu à expliquer. Les enfants voient plus de choses qu’on ne croit. Il suffit de bien leur poser la question.

Et c’est pour ça que je veux que cette page soit à elle.

Fais pareil chez toi. Lis cette fable à ton enfant, la première, celle avec l’auvent et la fin heureuse, et pose-lui ensuite une seule question : si notre maison ressemblait à ce nid, qu’est-ce que ça donnerait pour toi ? La réponse que tu vas entendre vaudra plus que tout ce chapitre.

Partie III. Comment ça s’est vraiment passé

— Alors raconte-moi comment ça s’est vraiment passé.

Et ma fille a raconté, avec ses mots, à partir du même endroit.

— Flèche s’est envolé. Rafale s’est envolé.

Il restait Duvet.

Duvet s’est approché du bord, il a regardé en bas et il a reculé. Il fait froid. Ça souffle. J’ai peur. Je ne veux pas.

Sa mère l’a regardé. Son cœur s’est serré, parce que c’était une mère aimante.

Et là, elle s’est approchée du nid et elle en a retiré un bâton.

Duvet l’a regardée, étonné. Le lendemain, elle en a retiré une deuxième. Puis une troisième. Elle arrachait la mousse, poignée par poignée. Elle desserrait le tressage. Le nid qui, trois semaines plus tôt, était une forteresse devenait de moins en moins profond, de moins en moins confortable, de moins en moins un endroit où on peut rester assis.

Duvet se décalait vers le bord. Puis encore plus vers le bord.

Jusqu’au matin où il n’y a plus rien eu à quoi se tenir.

Duvet est tombé.

Et c’est la partie qu’il faut dire clairement : il est vraiment tombé. Quelques secondes, comme une pierre, le bec ouvert, terrifié. Ce n’était pas élégant.

Et ses frères sont tombés exactement pareil. Flèche est tombé avant d’attraper la bourrasque. Rafale est tombé. Aucun d’eux n’a volé tout de suite. Il y avait une seule différence : eux ont sauté tout seuls, et Duvet a attendu de n’avoir plus rien à quoi se tenir.

Et ensuite il a déployé ses ailes, il a attrapé la bourrasque et il s’est envolé.

Sa mère était posée sur la corniche et elle regardait. Elle n’était partie nulle part. Elle était là tout le temps, avant qu’il vole, pendant qu’il tombait et quand il est revenu. Le soir, elle lui a apporté à manger, comme toujours.

Là, ma fille a fini et elle est allée se chercher à boire. Et moi, je suis resté à table avec une phrase dans la tête :

Elle a enlevé le nid. Pas elle-même.

Et encore une chose ne me lâchait pas, parce que c’est ce que je préfère dans la vraie version. Cette mère-là faisait avancer ses petits depuis le premier jour. Ils étaient tout le temps en mouvement, tout le temps en train d’essayer quelque chose de nouveau : se battre avec le vent du matin, sortir la tête, les premiers sautillements au bord. La chute de Duvet dans la version au sucre glace n’a pas commencé au bord du tout. Elle a commencé le jour où il a arrêté d’essayer.

Partie IV. Ce qui s’est vraiment passé dans cette fable

Revenons à la première version, parce qu’elle est plus intéressante que la deuxième.

Dans cette version-là, personne n’a rien fait de mal. La mère aimait. Les frères ont aidé. Duvet a eu un auvent, une paroi et les meilleurs morceaux. Chaque décision, prise une par une, était bonne.

Et le résultat, c’est que Duvet n’a jamais volé.

C’est la chose la plus importante de ce chapitre et c’est pour ça que la fable doit commencer comme une fable. Parce que si la mère avait été méchante, si les frères avaient été cruels, tout le monde aurait compris tout de suite. Le problème, c’est que dans ce piège-là il n’y a personne de méchant. Il n’y a que des bonnes intentions, l’une après l’autre, empilées en mur. Et maintenant, nommons le mécanisme.

Chaque auvent porte un message

Quand Duvet dit « j’ai peur » et que sa mère répond en construisant un auvent, Duvet reçoit deux informations.

La première, celle du dessus : je t’aime et je m’occupe de toi.

La deuxième, celle du dessous : moi aussi je pense que tu n’y arriveras pas.

Parce que pourquoi construire un auvent à quelqu’un qui s’en sortirait sans auvent ?

L’enfant n’analyse pas ça consciemment. Mais il additionne. Et au cinquantième auvent, il a une image de lui-même parfaitement cohérente : je suis celui pour qui il faut construire.

Le soulagement qui revient avec les intérêts

Ici, le Hoomix ressert un moment.

Quand Duvet s’approche du bord, son câble rouge, celui de l’alarme, monte.

Quand il recule, il redescend. Tout de suite, nettement, agréablement. Le faisceau vient d’enregistrer :

reculer, ça marche.

Le problème, c’est que c’est un soulagement à crédit. Chaque fois, le seuil pour s’approcher du bord est un tout petit peu plus haut que la fois d’avant. Ce qui est aujourd’hui la peur de voler sera dans six mois la peur de s’approcher du bord, et dans un an, la peur de sortir du coin du nid.

Éviter ne diminue pas la peur. Éviter nourrit la peur et lui apprend à grossir.

Et c’est la description exacte de ce que fait l’auvent : il achète du soulagement à Duvet aujourd’hui et il lui fait monter la facture pour demain.

Le nom de ce phénomène

Ce n’est pas ma théorie. Ça a un nom et c’est un des mécanismes les mieux décrits dans le travail sur l’anxiété de l’enfant : l’accommodation parentale. Il s’agit de toutes ces petites choses qu’on fait pour que l’enfant n’ait pas un moment difficile maintenant.

Commander à sa place au restaurant, parce qu’il est timide. Répondre à sa place quand on lui pose une question.

Rester à l’anniversaire où il devait rester tout seul. Écrire à la maîtresse le mail qu’il devait écrire. Porter le cartable. Avoir avec le copain la conversation qu’il devait avoir.

Chacune de ces choses est petite. Chacune est bonne. Et chacune est un bâton de plus dans l’auvent.

Les recherches sur l’anxiété de l’enfant montrent une chose contre-intuitive pour n’importe quel parent :

réduire l’accommodation peut aider l’enfant même quand l’enfant, lui, ne fait rien en thérapie. C’est le parent qui arrête de construire et c’est l’enfant qui se met à voler.

Le chiot qui n’a pas peur du vacarme

Sortons un moment du nid et entrons au chenil. Je ne compare pas un enfant à un chien, je compare deux systèmes nerveux qui apprennent exactement de la même façon.

Je sais que cette comparaison va déplaire à certains. Je ne la retire pas.

En dessous, on a la même mécanique : le même système de la peur, la même mémoire, les mêmes lois de l’apprentissage. Ce qui nous différencie, c’est ce qui est construit par-dessus, pas la façon dont ça apprend.

Un chien apprend à un chien par la démonstration et par les conséquences. Il n’explique pas, donc il n’y a rien à noyer dans les mots. Chez les chiens, il n’y a pas de malentendus. Chez nous, si. Au chenil, ça se voit plus vite, parce qu’un chien grandit en deux ans, pas en vingt.

Les chiens dressés pour le service, les bergers allemands de l’armée et de la police, grandissent au milieu de sons qui mettent un chien ordinaire à plat. Coups de feu, explosions, rotors, moteurs, vacarme. Un chien de service adulte traverse tout ça sans broncher, comme si quelqu’un avait déplacé une chaise dans la pièce d’à côté. Un chien élevé dans le silence, au même endroit, couchera les oreilles et voudra fuir.

Remarque que personne n’a fait un dur de ce chien. Personne ne lui a appris le courage. Personne ne lui a expliqué qu’il n’y a pas de quoi avoir peur.

On ne lui a simplement pas enlevé le vacarme.

Et maintenant la phrase sans laquelle tout cet exemple devient une recette pour détruire un chien :

Ça ne se fait pas par surprise et ça ne se fait pas à fond.

On commence doucement. Vraiment doucement, tellement doucement que le chiot ne lève même pas la tête.

Puis un tout petit peu plus fort. Sur des semaines, petit à petit. À chaque étape, le chiot a quelqu’un de calme à côté de lui, il a à manger, il a du jeu et il a où se retirer. Et quand il prend peur, tu redescends d’un niveau et tu vas plus lentement.

Le maître-chien n’est pas là pour que ce soit facile pour le chien. Il est là pour que ce ne soit pas trop dur pour le chien. Ce sont deux boulots complètement différents et tout l’art consiste à ne pas les confondre.

Balancer une explosion à fond dans les oreilles d’un chiot ne fera pas un chien de service. Ça fera un chien qui aura peur de ce son jusqu’à la fin de sa vie, et de quelques autres au passage, auxquels personne n’avait pensé.

Je sais de quoi je parle. Cinq dobermans sont passés entre mes mains et c’était pareil à chaque fois :

ce dont je protégeais le chien restait son point faible pendant des années. Ce que je lui faisais traverser calmement cessait d’exister.

Et maintenant revenons à Duvet, parce que c’est la même histoire.

L’auvent dit : tu n’entendras jamais la détonation.

Et le bon sens souffle l’inverse : puisque le monde est bruyant de toute façon, qu’il entende tout d’un coup, aujourd’hui, et qu’on n’en parle plus.

Les deux réponses sont mauvaises, juste dans des directions opposées.

On ne protège pas du stimulus. On dose le stimulus.

Un tout petit peu plus fort qu’hier, avec toi à côté, avec la possibilité de redescendre d’un niveau. Ennuyeux ? Ennuyeux.

Mais c’est la seule version qui fait un chien qui n’a pas peur, et un humain qui se débrouille.

Et si ton enfant réagit aux stimulus beaucoup plus fort que les autres enfants, si le bruit dans un magasin finit en effondrement et si une étiquette dans un tee-shirt peut gâcher toute la journée, alors ce paragraphe n’est pas pour toi et ce n’est pas une affaire à régler tout seul. La partie six de ce chapitre parle de ça.

Partie V. Comment déplumer le nid sans que ce soit de la cruauté

Et c’est là qu’est toute la difficulté, parce que la deuxième version de la fable, lue au pied de la lettre, sonne comme un mode d’emploi pour mettre son enfant à la porte. Ce n’en est pas un.

Regarde bien les deux choses que la mère a faites.

La première : elle déplumait le nid brindille par brindille, elle ne l’a pas jeté en bas d’un coup. Ça a pris des jours. Le changement était progressif et prévisible.

La deuxième, la plus importante : elle n’est pas partie. Elle a enlevé le nid, pas elle-même. Elle a continué à le nourrir. Elle est restée posée sur la corniche et elle a regardé tout le temps.

C’est toute la règle de ce chapitre, en une phrase :

Tu réduis l’aide. Tu augmentes la présence.

Ce n’est pas un compromis ni un adoucissement. Ce sont deux choses différentes et elles vont dans des directions opposées en même temps. Tu retires le faire-à-sa-place et, au même moment, tu rajoutes de la chaleur, de l’attention, du calme et de la confiance.

Parce qu’un enfant à qui tu enlèves l’auvent et dont tu t’éloignes en même temps reçoit le message « débrouille-toi, je m’en fiche ». Et un enfant à qui tu enlèves l’auvent et à côté de qui tu restes reçoit un message complètement différent : « je sais que c’est dur. Et je sais que tu vas y arriver ».

Ce deuxième message est une des choses les plus fortes dont un parent dispose. Mais il ne marche pas s’il est prononcé pendant qu’on construit l’auvent. Parce qu’alors les mots disent une chose et les mains en disent une autre, et l’enfant croit les mains.

Mode d’emploi : comment retirer un bâton

1. Fais la liste des auvents. Assieds-toi et écris concrètement ce que tu fais à la place de ton enfant et que, techniquement, il pourrait faire tout seul. Sans juger, juste la liste. Elle sera plus longue que tu ne crois.

2. Choisis-en un. Un. Pas sept. De préférence celui qui te coûte le moins d’émotion, ne commence pas par les nuits ou par l’école, commence par quelque chose d’ordinaire.

3. Annonce-le. C’est capital et c’est ce qui manque dans la fable. Dis-le avant, au calme, en dehors de la situation : « À partir de lundi, c’est toi qui dis à la serveuse ce que tu veux commander. Je serai assis à côté. » La surprise n’aide pas dans ce boulot, la prévisibilité, si.

4. Ajoute la phrase. Chaque fois, à chaque occasion : C’est dur. Tu vas y arriver. Deux phrases.

Sans expliquer, sans convaincre, sans discuter.

5. Tiens les trois premières fois. Ça va être pire avant d’être mieux. C’est normal et prévisible : quand tu retires quelque chose qui marchait, l’enfant appuie d’abord plus fort. Les pleurs seront plus forts, la protestation plus grande. La troisième fois est en général le point de bascule. Si tu craques à la deuxième, tu lui apprends qu’il suffit de crier plus fort, autrement dit tu t’es fait plus de mal que si tu n’avais jamais commencé.

6. Laisse une trace. Quand ça marche, nomme-le. Pas « tu es génial », mais concrètement : « Tu avais peur et tu l’as fait quand même. Ça, c’est du courage. » Le courage, ce n’est pas l’absence de peur. Le courage, c’est le faire avec la peur. Autant que ton enfant entende cette définition de ta bouche avant d’en inventer une à lui.

Partie VI. Et si le troisième petit est vraiment différent ?

L’honnêteté demande un post-scriptum, parce que sans lui ce chapitre fait du mal à une partie des lecteurs.

Parfois le troisième petit est vraiment différent. Pas gâté, différent. Plus sensible aux stimulus. Avec une anxiété qui dépasse la prudence ordinaire. Neuroatypique. Avec quelque chose que personne n’a encore diagnostiqué.

Et là, « déplume le nid » n’est pas la réponse. Là, la réponse, c’est de reconnaître où finit l’échafaudage et où commence la prothèse.

L’échafaudage se dresse là où on construit quelque chose, et il redescend quand la construction est finie. La prothèse reste pour toujours, parce qu’elle remplace quelque chose qui n’existe pas.

Un test simple, qui aide à distinguer l’un de l’autre :

Est-ce que ce que je fais a un plan de démontage ?

Si tu sais dire quand et comment tu vas en descendre, c’est un échafaudage et tout va bien.

Si tu le fais depuis trois ans, sans fin et sans plan, et que la seule idée d’arrêter paraît impossible, ce n’est plus de l’aide, c’est un mur porteur.

Quand demander un avis professionnel : l’anxiété limite vraiment la vie, l’enfant ne va pas à l’école, ne reste avec personne d’autre, ne sort pas de la maison, symptômes physiques avant chaque situation difficile, vomissements, maux de ventre, crises de panique, ça dure depuis des mois et ça ne change pas malgré un travail progressif, tu as le pressentiment que c’est quelque chose de plus.

Un psychologue pour enfants ou le CMPP, le centre médico-psycho-pédagogique du secteur. Ce n’est pas reconnaître un échec, c’est vérifier que tu construis ton échafaudage sur le bon terrain.

Résumé du chapitre

Dans la fable, personne n’était méchant. Toutes les décisions étaient bonnes. Et c’est pour ça que Duvet n’a jamais volé.

Chaque auvent porte un message caché : « moi aussi je pense que tu n’y arriveras pas ».

Éviter donne un soulagement immédiat et fait monter la facture de demain. Une peur nourrie par l’évitement grossit.

La règle de tout le chapitre : tu réduis l’aide, tu augmentes la présence. Tu enlèves le nid, pas toi.

Un bâton à la fois, annoncé à l’avance, avec deux phrases de soutien : « c’est dur, tu vas y arriver ».

Tiens trois fois. La troisième fois est en général le point de bascule.

L’échafaudage a un plan de démontage. La prothèse n’en a pas. Si ton aide n’a pas de plan de démontage, ce n’est plus de l’aide.

Exercice

Écris dix choses que tu fais à la place de ton enfant et qu’il pourrait techniquement faire tout seul.

Ne juge pas cette liste. Ne te justifie pas devant toi-même. Écris-la, ça prend cinq minutes et c’est presque toujours désagréable.

Ensuite, à côté de chaque ligne, écris un chiffre : depuis combien d’années tu le fais.

Et pour finir, entoures-en une. La moins importante, la plus insignifiante, celle à laquelle tu tiens le moins.

Ce bâton-là, tu le retires lundi.

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